4 ans dans l’enfer des fous, Jean-Maurice Cervetto

4 ans dans l’enfer des fous
Jean-Maurice Cervetto, français. // 1973 – 248 pages – Ed. France Loisir  // Catégorie – Témoignage.
Synopsis.
Il avait vingt ans. Il n’était qu’un matricule au milieu d’autres matricules. Un numéro de dossier. Tous étaient fous. Sauf lui. Il vécu pendant 4 ans de sa vie l’enfer quotidien de cet univers de délires etde cauchemars. Jean-Maurice Cervetto révèle dans ce livre comment une machination familiale l’a jeté en prison, puis dans le monde des fous. Il vous raconte comment cris et protestions ne servaient qu’à le rendre plus fous pour les psychiatres . Vous découvrirez avec lui monde secret , et incconu du grand public. D’abord le quartier de surêté, la section spéciale, où l’auteur voisinait avec de véritables monstres, les alinés difficiles criminels et fous dangeureux. Avec son lots de drogues et d’infirmiers pas toujours tendres. Puis le service des débiles profonds, où chaque nuit est un nouveau calvaire d’horreur, chaque jour une déchirure de plus.  
l’avis. 

Une lecture que l’on m’a conseillé. Un domaine de la psychologie. De la psychiatrie. Ca devrait te plaire. En plus cela ça se lit vite. Me voilà donc avec le livre entre les mains.

Alors effectivement il se lit vite, cela dit c’est un livre qui a au moins le don de vous donner matière à réfléchir. Autant dire qu’une fois la dernière page lue on se pose pas mal de questions sur le fonctionnement des établissements traitant les maladies mentales. Bien sûr on est au courant que maintenant la camisole de chiffon fait place à la camisole chimique, par contre on ne se doute pas de ce genre de traitements. Il s’agit d’un livre réaliste et profond. Il m’a laissé une bonne impression en même temps que pas mal de questions.

L’histoire est un minimum romancé, ce qui aide finalement à décrocher et à oublier qu’il s’agit d’une histoire vraie. Je crois que pour ma part s’il m’a plus touché c’est du fait du lieu où se déroule les faits, Villeneuve-sur-Lot est une des villes où logent les membres de ma famille. Du coup, je ne vais pas tarder à aller faire des recherches sur les hôpitaux psychiatriques des environs.

Il est difficile de donner un avis sur un témoignage. Difficile de dire « ah non je n’ai pas aimé ça ». Je me vois mal faire ce genre de remarques lorsqu’il s’agit d’une histoire vraie. Seule remarque : heureusement que tout se finit bien pour l’auteur, à la fois on peut bien s’en douter puisqu’il en a écrit un livre.

Je suis bien contente d’avoir eu cette lecture, elle m’a permis d’appréhender ce monde qui m’a toujours attiré, de voir l’arrière du décor. Ce n’est pas bien joli, mais il est comme ça. C’est une lecture que je conseille. Quelques pages. Une écriture qui permet de plonger de suite dans l’univers, d’appréhender les détails, d’imaginer les scènes. Et puis finalement, certains des malheureux malades mentaux peuvent prêter à sourire autant qu’au dégoût.

entre les pages.

« Tous les soirs, j’aperçois un vieillard près d’un sapin, dans le gazon des ateliers. Il a la bonne bouille de bébés de publicité, rides et cheveux blancs en plus. Il entame un curieux monologue avec le sapin qu’in entoure de ses deux bras affectueux.
– Tu es beau. Je t’aime… Reste avec moi.
Puis comme un adolescent timide il l’embrasse avec réserve et se presse contre lui. Des infirmiers et de médecins passent. Il ne doit guère être dangereux. Aucun ne l’arrache à sa passion folle.
– Il est amoureux de tous les arbres, m’a expliqué un infirmier. Pour qu’il rentre dans son pavillon, il faut lui promettre qu’un sapin ou peuplier ira le rejoindre dans son lit. C’est ce qui s’appelle aimer la nature !
»

« C’est le petit déjeuner. J’ai pris une tranche de pain à couper au burin. Je la trempe longuement dans le café. Elle en ressort éponge. C’est mou et bon ! J’ai perdu tout goût de la vie. Je saute des rires aux larmes. De la quiétude à la hargne. Sans savoir pourquoi. J’en ai marre de ce bol de verre et de ce café tout noir. Je crie. L’infirmier arrive. Je prends le bol dans les mains. Je le lance par terre. Un bruit assourdi. Il ne s’est pas cassé. De minces filets de cagé s’écoulent sur les falles. Je me lance en avant. A plat ventre, je rampe vers le ruisseau. Je lèche comme un petit chien. Je me sens bien.
Je suis devenue la copie conforme de ce que l’on voulait que je soi. Un fou. »

se procurer le(s) livre(s)