Le trône de fer, l’intégrale 1, George R.R. Martin

Le trône de fer, l’intégrale 1
George R.R. Martin, américain. // 1996 – 785 pages – Ed. J’ai lu  // Catégorie – Fantasy.
Synopsis.
Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière Nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeur des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer. Tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors, s’en sortiront indemnes…
l’avis. 

Discussion dans un bar avec un ami de la promo, j’entends le nom du livre, ça fait « tilt » dans mon esprit, et voilà que quelques jours après je me fais prêter le livre. J’en avais entendu parlé depuis un bout de temps, que ce soit par les addicts des livres ou des séries, et à la vue du thème de cette saga j’étais assez tentée de me lancer dans l’aventure. Chose faite. Je dois dire que je ne regrette pas du tout.

Comme je m’y attendais l’ambiance du livre ne m’a absuloment pas déplu. Du sombre, de la fantasy, des relations alambiquées. Et une histoire qui semble extrêmement bien ficelée aussi bien que compliquée tellement elle foisonne de rebondissements. Pour le coup niveau histoire, il vaut mieux avoir de la mémoire et être bien accroché parce qu’au fur et à mesure des pages on se rend compte ce dans quoi on vient de mettre les pieds.

Le livre est un pavé, il ne faut pas se mentir. Cela dit l’écriture de l’auteur permet de mettre entre parenthèses ce léger détail. Il faut dire que l’on est bien servi niveau scènes d’actions, intrigues, personnages. Mais aussi et cela vaut le coup de le dire je trouve : les descriptions. Généralement, je suis vite lassée par l’écriture en ce qui concerne les lieux. Cette fois-ci c’est comme qui dirait passé comme une lettre à la poste, ce qui rend ainsi la lecture d’autant plus agréable, car il est plus facile de se rendre compte des décors dans lesquels les personnages évoluent.

Justement les personnages. Je crois que toutes les personnalités sont représentées, tellement ils sont nombreux. Autant dire que si vous n’avez pas la mémoire des prénoms cela risque d’être compliqué de s’y retrouver. Surtout si en plus comme moi, vous commencez à lire ce livre et à faire une pause pour cause d’emploi du temps trop chargé. Cependant, une fois passée outre cette barrière et les familiarités lancées avec ces personnages cela devient tout de suite plus prenant. J’aime toutes ces alliances cachées ou clairement déclarée entre les grandes familles dirigeantes, ces guerres qui durent depuis des décennies si bien que s’en est une tradition.

Bien sûr parmi les personnages j’ai mes petits préférés. Le cynique et pervers Tyrion Lannister m’a directement plus. Dès que l’histoire était raconté de son point de vue je passais réellement un très bon moment. De plus, je pense bien que son statut par rapport à sa famille pourrait faire de lui un personnage pour le moins surprenant, en tout cas je l’espère bien parce qu’il me plait beaucoup ce nain. Ensuite, j’ai eu un coup de coeur pour la personnalité et le personnage de Daenerys. Le descendante du dragon, l’héritière oubliée du trône de fer, et je m’arreterais pour ne pas trop en divulger concernant son parcours. C’est un personnage dont la force de caractère me touche énormément. Evidemment, je n’ai pas pu passer à côté du Batard, John Snow. Ce personnage donne l’impression d’être en marge de l’histoire, pourtant il n’en demeure pas moins intéressant. Là encore je me demande quelles sont les surprises qu’il nous reserve le petit Snow. Pour continuer sur les rejetons Stark, j’ai assez rapidement accroché à Arya. Rien que son prénom m’a plu, ensuite sont côté débrouillard et son « Aiguille » a fait le reste.

Pour ce qui est des méchants, on est servi aussi. Et si Tyrion peut avoir tendance à en faire partie, je dois dire que son frère et sa soeur, les jumeaux Cerseï et Jaime Lannister se posent là. Machiavéliques, sans coeur, ambitieux et même incestueux. J’ai été séduite (après je vais avoir du mal à dire que je suis saine d’esprit moi). Cela dit vu l’ambiance malsaine du livre, cela n’est absolument pas choquant, parce que des scènes où le sexe est suggéré sont légions.

Je garde les meilleurs personnages pour la fin. Les loups adoptés en début de livre. Ces loups qui sont associés à chacun des enfants Stark. J’aime beaucoup l’idée. Il n’y a plus qu’à voir jusqu’où ira leur rôle dans l’histoire de leur maître.

En conclusion. Une histoire comme je les aime. Bien compliquée, bien ficelée, bien écrite. Une histoire qui donne un goût de de reviens-y. Promis j’y reviendrais.

entre les pages.

« Le reine se leva. « Et de ma propre fureur Lord Stark, demanda-t-elle d’un ton plus doux, pas un mot ? Que ne vous êtes jadis emparé de la couronne? Elle était à prendre… Jaime m’a conté, comment l’ayant trouvé juché sur le Trône de Fer, le jour de la prise de Port-Réal, vous l’aviez contraint d’en descendre. Il vous suffisait de gravir les marches et de vous assoir. Quelle erreur navrante.
– Vous ne sauriez vous figurer combien d’erreurs j’ai pu commettre, répliqua-t-il, mais je récuse celle-ci.
– Et pourtant, c’était une erreur, messire, insista Cersei. Lorsqu’on s’amuse au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr, il n’y a pas de moyen terme.
»

« L’hiver vient. »

« Je suis le sang du dragon. »

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Quand les Dieux buvaient, tome 1 : Blanche-Neige et les lance-missiles, Catherine Dufour

Quand les Dieux buvaient, tome 1 : Blanche-Neige et les lance-missiles.
Catherine Dufour, française. // 2009 – 606 pages – Ed. Le Livre de Poche  // Catégorie – Fantasy.
Synopsis.
Tous les contes commencent par « il était une fois » et finissent pas « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Oui mais… et après ?
Et si le règne de Blanche Neige avait été une horrible dictature ? Et si le miroir magique était devenu gâteux ? Et si Peau d’Âne était tombée amoureuse du prince de Cendrillon ?
Une poignée de fées du bois de Boulogne, une bande de spectres, le père Nöel et sa fille, l’Ankou et faux, le Petit Chaperon rouge et l’affreux démon Bille Guette suffiront-ils à sauver le monde du chaos ? 
l’avis. 

Ce livre, c’est une amie qui l’a fait découvrir. Alors qu’elle lisait le second tome de la saga, elle a tenu à me faire partager les étrangetés de sa lecture, et j’ai tout de suite accroché. Le burlesque peut-être. En effet comme le prédit la quatrième de couverture, il ne faut pas s’attendre à lire un conte bien lisse, bien propre et surtout il ne faut pas s’attendre à retrouver exactement ce l’on connaît déjà. Dans ce livre, nous avons le droit à une visite en bonne et due forme de nos contes. Les princesses, les fées, les dragons, enfin les gragons, même les sept nains, rien n’est pareil. A croire que tout ce que l’on nous raconte depuis que nous sommes petits n’est que sottises. Ou bien alors on ne veut pas nous effrayer devant tant de perversité ?

Comme le dit l’auteure dans ses notes à la fin du livre, et croyez moi ce sont des explications qui valent vraiment la peine d’être lues, c’est un ouvrage qui se scinde en deux parties, autrefois deux livres différents. La première partie, les grands alcooliques divins, est selon moi la meilleure. Elle se lit tellement vite, un peu trop peut-être. Dès les premières lignes le ton est donné, impossible de ne pas esquisser un sourire, voire rire, avant d’avoir tourner la première page. On découvre, ou plutôt redécouvre, le monde des princesses et fées marraines, que de surprises ! Et puis vient la seconde partie, l’ivresse des providers. Changement de décor et d’époque. J’ai été bien moins séduite. L’action ne semble plus la même, j’étais relativement perdue au début. En fait, il ne faut pas essayer de faire un lien direct avec la partie précédente pour mieux apprécier. Mais au final, cette seconde partie est une belle surprise, une fois que vous êtes dedans et que le vocabulaire ésotérique ne vous effraie plus.

Au niveau des personnages. Je n’ai rien à dire. On a le droit à un panel d’anti-héros impressionnant. Ils ont tous leurs travers, leurs problèmes, leurs étrangetés. Aucun d’entre eux n’a le droit à la perfection pure. De toute façon, je le répète, il ne faut pas s’attendre à se retrouver plonger en pleine bataille héroïque de prince sauvant sa dulcinée. Je ne suis pas même sûre, que le prince porte un quelconque intérêt à la princesse. Et c’est cet esprit décalé qui est absolument fabuleux je trouve. Rien n’est comme on veut bien s’y attendre. C’est là que j’en arrive à l’écriture, le mode d’écriture. Là encore, il est surprenant de voir comme les vocabulaires soutenu et vulgaire peuvent coexister. Au début, c’est peut-être gênant, mais c’est juste que nous ne sommes pas habitués. Ce ne sont pas tous les auteurs qui se permettent une telle liberté dans leur écriture. Alors autant vous familiariser de suite avec les « connards », « salope », « merde », « cul » et autres vulgarités bien tournées. En temps normal, je trouve que cela gâche l’écrit, mais cela s’inscrit tellement bien dans le récit, le style de l’aventure et des personnages, que le charme n’en ai pas altéré pour autant.

En somme, c’est une bien belle découverte, malgré cette petite note sombre au niveau de la seconde partie. J’ai tout de même adoré l’univers, le premier en l’occurrence, et cette manière de revisiter les contes, ou plutôt d’en inventer une suite pour le moins inattendue et loufoque. Je lirais donc la suite de cette saga, et avec enthousiasme.

entre les pages.

« Les Uckler formaient un peuple industrieux, gai et généreux.
En général.
Ils se levaient tôt d’un air content, sifflaient en travaillant et avaient toujours un morceau de pain à donner à plus pauvre qu’eux (le quignon rassis de la veille, bien sûr, car « généreux n’est pas le neveu », comme le disait souvent la grosse Couette). Pourvu, cependant, que ce plus pauvre qu’eux soit le beau-fils de la nièce de l’oncle de leur cousin.
Ou le beau-père du neveu de leur tante par alliance.
Car les Uckler avaient un défaut : quand ils voyaient un étranger, un vrai, qui échappait à toute généalogie même de la main gauche, ils le tuaient d’abord.
Ensuite, ils ne se posaient aucune question.
Ce qui leur permettait de préserver cet équilibre psychologique qui leur faisait, au matin, le teint frais et l’air content.
Bref, c’était un foutu ramassis de salauds.
»

« C’aurait eu pu être un désastre complet, une perfection dans l’horreur, le plus fantastique génocide de mémoire de sociopathe. Bille aurait eu pu envoyer son ordre à temps.
Disons qu’il le fit.  »

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